NATURE ET ENVIRONNEMENT

Lundi 28 septembre 2009

Jane Goodall est une célèbre primatologue, de renomée internationale. Elle est également messager  de la Paix pour les Nations Unies. Ses recherches sur les chimpanzés en liberté ont permis de redéfinir la notion d'humanité, et son enracinement profond avec la nature et le monde animal. Dans l'album de Reporters sans frontières sur le thème de la nature,  Jane Goodall a accordé une interview que je trouve magnifique, raison pour laquelle je la mets sur mon blog.

Je me souviens de cette première nuit comme si c'était hier. Je me revois assise là, sur ce promontoire rocheux, la vallée en contrebas, le ciel au-dessus de ma tête. Le chant des oiseaux, l'odeur d'herbes  desséchées au soleil, celle de la terre aride, le parfum lourd de fruits trop mûrs. J'étais à ma place, chez moi. 
Avant mon arrivée, les chimpanzés n'avaient jamais croisé de primates blancs de mon espèce. Timides, il fuyaient à ma vue. David Greybeard fut le premier chimpanzé à s'enhardir, m'autorisant parfois à le suivre. Je n'oublierai jamais le jour où, assise auprès de lui dans la forêt, alors qu'il faisait la sieste, j'ai cueilli un fruit bien rouge. Je le lui ai tendu, il a détourné la tête. J'ai rapproché ma main. Il s'est tourné vers moi, m'a regardée droit dans les yeux. Il a pris le fruit et l'a laissé tomber. Puis il m'a serré la main de ses doigts chauds et soyeux. Son message était clair : "J'apprécie ton geste, mais je n'ai pas envie de ce fruit". Nous avions communiqué. Pour la première fois, un échange avait eu lieu entre un être humain et un primate dans une langue très ancienne, un langage d'avant la parole. A cet instant précis nos deux mondes s'étaient rejoints. Je commençais à entrer dans son univers. 
C'était en 1960, j'avais vingt-six ans. Je débutais ma recherche en Tanzanie, à Gombé, au-dessus du lac Tanganyka. Je m'immergeais dans l'étude de leur vie en liberté. Aujourd'hui, il ne fait plus de doute que nos ressemblances avec les chimpanzés sont biologiques, émotionnelles et intellectuelles. Nous appartenons à une même famille et nous pouvons en être fiers. Pourtant, des millions d'individus ignorent encore à quel point, nous, les êtres humains, sommes proches du monde animal, que nous en faisons partie intégrante.
Ce sont ces années-là, à Gombé, qui m'ont faite telle que je suis aujourd'hui. J'y ai connu la paix de l'âme qui me soutient encore à ce jour. J'ai quitté la station de recherche en 1986, après un colloque intitulé "comprendre les chimpanzés". J'étais venue en scientifique, j'en ai émergé militante. Ce jour-là,  j'ai pris la mesure de la souffrance des chimpanzés et réalisé la vitesse de la destruction de leurs forêts à travers le continent africain.  Comment rester à Gombé comme si de rien n'était ? Depuis, je voyage près de trois cents jours par an pour plaider leur cause. Les chimpanzés étaient près de deux millions il y a un siècle, ils sont à peine deux cent mille aujourd'hui. Chassés par les trafiquants d'animaux, pour le commerce ou pour leur chair. Arrachés à leurs forêts natales, convoyés dans des conditions abominables, suppliciés au nom de la recherche médicale.
Et il n'y a pas que les animaux sauvages et la nature qui souffrent sous le joug des hommes. L'humanité souffre elle aussi. Des millions d'individus vivent dans une pauvreté intolérable, des millions d'êtres humains meurent de faim. Les épidémies font rage, les "réfugiés de l'environnement" se dispersent à travers le monde. Il serait facile de se laisser submerger par le désespoir.
En dépit de tout cela, j'ai quatre raisons d'espérer. La première est notre cerveau extraordinaire.  Notre intelligence. Nous sommes une espèce qui sait résoudre les problèmes.
Ma deuxième raison d'espérer est que la nature est extraordinairement résiliente. Il y a quelques années, je me suis rendue à Nagasaki. Les scientifiques avaient prédit que rien n'y pousserait pendant trente ans. Un jeune arbre a miraculeusement survécu à la bombe atomique. Craquelé et fissuré, tout noir à l'intérieur. Mais chaque année, ses feuilles repoussent. J'en garde toujours une avec moi, comme un symbole d'espoir.
Ma troisième raison d'espèrer est la nature si pleine de ressources de l'esprit humain. Partout, je rencontre des individus exceptionnels, mes véritables héros. Ils ont le courage de leurs convictions et représentent les vraies valeurs humaines, l'honnêteté, le courage et la détermination.
L'immense énergie, l'enthousiasme, l'engagement d'un nombre grandissant de jeunes (*) partout dans le monde sont ma quatrième raison d'espérer. Ils changent les attitudes sans armes ni explosifs. Par le respect, la connaissance, le dialogue. Le respect de toutes les formes de vie et de tous les hommes, quels que soient leur culture, leur pays ou leur religion.
N'oubliez jamais que chaque individu compte, que chacun a un rôle à jouer. Nous nous sentons impuissants devant l'immensité des problèmes de notre époque : "je ne suis qu'un individu isolé parmi plus de six milliards !" Mais les plus infimes actions, multipliées par six milliards, font une sacrée différence !
Si chacun de ces six milliards d'hommes décide d'agir, le monde peut changer en une nuit.

(*) C'est pour cela que j'ai fondé Roots & Shoots, un mouvement qui encourage les jeunes à agir pour un monde meilleur. Ils engagent toute leur énergie dans des projets pour sauver des hommes, des animaux et l'environnement. En Tanzanie, ils étaient dix-huit lycéens en 1991, ils sont aujourd'hui plus de 7 500 groupes, actifs dans plus de 80 pays, de la maternelle à l'université.
www.rootsandshoots.org




Source : 100 photos de nature pour la liberté de la presse - Reporters sans frontière. L'association se bat pour faire libérer les journalistes de toutes nationalités emprisonnés dans le monde, dont le seul crime est de défendre la liberté d'information et d'expression.


A voir aussi : www.janegoodall.fr 



Par Lisa
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Vendredi 25 septembre 2009

The Cove - Le Grand Bleu : 20 ans séparent ces deux films. Il y a 20 ans, le public découvrait la beauté de la mer ; 20 ans plus tard il en perçoit l’horreur…. Constatant avec désespoir et colère que la vente des dauphins est devenue un énorme marché, Richard O'Barry cherche constamment à témoigner sur des pratiques peu connues du grand public. Révolté par les méthodes des pêcheurs de Taiji, il s'est mis à filmer ce qui se déroule dans la petite baie japonaise, puis à envoyer les images aux médias afin d'alerter l'opinion : The Cove était né, un film distribué par Luc Besson, au cinéma le 30 septembre.

Synopsis

Après s'être fait connaître dans les années 60 par la série Flipper, l'ex-dresseur de dauphins Ric O'Barry est aujourd'hui un défenseur acharné des cétacés. Avec l'équipe de l'Oceanic Preservation Society, O'Barry entreprend de révéler au monde entier la vérité sur ce qu’il se passe à Taiji, au Japon, une petite ville qui cache un bien grand secret. Malgré l'hostilité de la police locale et des pêcheurs, O'Barry et ses complices réunissent une équipe de choc : cadreurs et preneurs de sons sous-marins, océanographes et plongeurs en apnée se lancent dans une opération secrète, destinée à rapporter des images interdites de la petite baie isolée...



Source : Futura Sciences, où l'on peut également lire l'interview de Luc Besson et Richard O' Barry sur le film.

N'hésitez pas à faire passer l'info sur vos blogs !
Par Lisa
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mardi 16 juin 2009

Dans une région qui reçoit moins de 300 millimètres de pluie par an, l'eau est un enjeu crucial. Le physicien français Daniel Beysens a tenté de trouver une solution au problème de l'eau dans le désert de Kutch, en Inde.
Dans cette région du Guajarat, le sol est aride, le soleil brûle, l'air chargé de poussière est difficilement respirable. Au milieu d'un paysage qui s'enfonce dans la désertification, l'école de Sayara ressemble à petit paradis hors du temps. De hauts arbustes et des haies de lauriers roses entourent les trois petits bâtiments qui accueillent chaque jour une centaine d'élèves. A midi, le dal, plat traditionnel de lentilles, est préparé sur une cuisinière solaire. Et dans les carafes scintille de l'eau... de rosée.
Le secret de ce lieu se niche sur sa toiture. Là, des "condenseurs" permettent de récupérer la rosée du matin pour la boire. La technique a été mise au point par un physicien français, Daniel Beysens : les toits sont recouverts d'un isolant thermique qui contient des microbilles d'oxyde de titane et de sulfate de baryum. Ce revêtement émet un fort rayonnement d'infrarouges qui le refroidit. La surface du condenseur, plus froide de quelques degrés par rapport à l'atmosphère ambiante, atteint ainsi la "température de rosée" à laquelle l'humidité de l'air dépasse 100% et la vapeur se transforme en gouttes d'eau.
Ajoutez à cela un film plastique et une couche de savon alimentaire (insoluble et hydrophile) et le tour est joué : les gouttes de rosée glissent sans souci vers de petites gouttières. Le précieux liquide s'écoule ensuite vers un réservoir où il est filtré puis désinfecté afin d'être potable. On peut ainsi récupérer jusqu'à 0,4 litre par m² et par nuit. Et ce, 100 jours par an, entre octobre et mars.
"Ce n'est pas suffisant", admet Pratap Singh, le directeur de l'école, "mais ce système permet d'éviter la fermeture de l'établissement pendant les sécheresses et allège la pression sur le puits du village".
Autre retombée bénéfique : les enfants, souvent astreints aux corvées d'eau dans ces régions, sont beaucoup moins absents à l'école. "Je ne suis plus obligée d'aller en chercher tous les jours" se réjouit Pooja, une jeune élève. "Quand l'association a équipé notre maison, mon père n'était pas convaincu mais après avoir vu le réservoir plein, il a crié au miracle !". Car au-delà de l'école, des habitations ont aussi été dotées du système grâce à l'Organisation pour l'utilisation de la rosée (Opur), créée en 1999 par Daniel Beysens. "La rosée constitue une formidable source d'eau potable, gratuite et inépuisable", s'enthousiasme le physicien. "L'eau récoltée peut se révéler cruciale dans une région où la majorité de la population n'a pas accès à l'eau courante".
Dans le Guajarat, le niveau de la nappe phréatique diminue constamment et l'eau salée pénètre dans chaque pore. De plus, des industries particulièrement polluantes (démantèlement de bateaux, teinturerie, produits chimiques) souillent le sol. "Tous les ans, il fallait creuser un peu plus profond" se rappelle le chef du village de Panjandrum. "Alors l'eau de la rosée est une bénédiction, et elle est pure. En quelques années seulement, le nombre de troubles digestifs et d'allergies cutanées a considérablement diminué".
Aidée par les habitant du village, l'Opur a mis en place des condenseurs sur le site d'une ancienne mine à ciel ouvert. Les coûts réduits des matières premières et de la main-d'oeuvre dans le pays permettent d'aménager 1 m² pour seulement 40 roupies (0,62 €). Ce faible investissement de départ est un atout considérable. C'est sûrement ce qui a motivé des pays comme la Croatie, le Maroc ou la Polynésie à développer des projets similaires.

Un litre pour une roupie (1,5 centime d'euro), l'argument a séduit le groupe Tata, qui va faire poser des condenseurs de rosée sur les toits de sa centrale électrique à Mundra (Guajarat). Pour répondre à cette commande, l'Opur va se transformer en entreprise. Les bénéfices serviront à équiper les maisons de la communauté de Jakhav, où les habitants vivent avec moins de 20 litres d'eau par jour, soit 8 fois moins que la consommation moyenne d'un français.

Site de l'Opur :
http://www.opur.u-bordeaux.fr/fr/index_fr.htm

Par Lisa
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Samedi 30 mai 2009

Yann Arthus Bertrand fait partie des gens que j'aime beaucoup, ou plutôt dont j'apprécie beaucoup le travail ; mon copain, dans le cadre de son métier, a eu la chance de le rencontrer (je suis jalouse, j'avoue...).
Après les émissions "Vu du ciel" sur France 2,  les ouvrages photographiques pour montrer notre terre, après nous avoir fait rencontrer "6 millards d'autres", Yann Arthus Bertrand nous présente un film : Home.
Home, ça veut dire maison en anglais. La maison que nous montre ce film, c'est celle qui nous abrite tous : la Terre. Le film sera diffusé le 5 juin sur France 2, à l'occasion de la journée mondiale de l'environnement.
En quelques décennies, l'homme a rompu un équilibre de près de 4 milliards d'années d'évolution de la terre et met son avenir en péril. Le prix à payer est lourd, mais il est trop tard pour être pessimiste : il reste à peine dix ans à l'humanité pour prendre conscience de son exploitation démesurée des richesses de la terre et changer son mode de consommation. En nous offrant les images inédites de plus de 50 pays vus du ciel, en nous faisant partager son émerveillement autant que son inquiètude, Yann Arthus Bertrand pose, avec ce film, une pierre à l'édifice que nous devons tous ensemble reconstruire.
Home est compensé carbone, cela signifie que les émissions de gaz carboniques engendrées pour la réalisation du film sont calculées et compensées par des sommes d'argent qui servent à de l'énergie propre à ceux qui n'en ont pas. Ainsi, Home finance la diffusion de réservoirs à biogaz dans le district de Hassan, en Inde. Pour en savoir plus sur ce projet : http://www.europacorp.com/dossiers/home/fr/ficheinde.pdf

Mais Home ne sera pas uniquement diffusé sur France 2. Il s'agit d'un évènement mondial, car il sera diffusé simultanément dans plus de 100 pays. Cette diffusion sera le plus souvent gratuite, sur tous les supports : cinéma, télé, DVD, internet.
L'objectif de Yann Arthus Bertrand, réalisateur, Luc Besson, distributeur, et François-Henri Pinault, président du groupe PPR, soutien officiel du film, est de toucher le plus grand nombre possible et de nous convaincre que nous avons tous une responsabilité à l'égard de la planète, notre maison. On entretient bien notre maison pour ne pas qu'elle tombe en ruine ? Alors pourquoi on ne le fait pas avec celle sans laquelle nous n'existerions même pas ?
La diffusion s'accompagnera d'un certain nombre d'opérations inédites ; pour la France, citons notamment :
La mise à disposition gratuite du film sur internet, sur www.youtube.com/homeprojectFR dès le 5 juin au matin.
Une série de débats et rencontre organisés avec les associations dans les cinémas français toute la journée du 5 juin, avec un billet à prix très réduit.
Une projection numérique et gratuite du film sur le Champ de Mars à Paris, le 5 juin à 22 heures.
La diffusion sur France 2 en prime time sera suivie d'une programmation spéciale

Bande Annonce :



Le site du film : www.home-2009.com
Par Lisa
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mercredi 27 mai 2009

L'abeille disparaît peu à peu, et l'augmentation de sa mortalité inquiète les apiculteurs, les premiers à constater cette surmortalité des abeilles. Selon la revue Science, dans le monde, les apiculteurs auraient déjà perdu près de 45% de leurs protégées. Une hécatombe aux causes encore peu déterminées et multiples, mais qui menace l'avenir de l'humanité tout entière.
En 2007, le taux de ruches abandonnées ou quasiment désertées atteignait 70 voire 80 % dans les pays les plus touchés. Face au phénomène désormais appelé "Syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles" (CCD en anglais : colony collapse disorder), les scientifiques restent désemparés. Une chose est en revanche évidente : c'est un problème écologique et économique majeur. Pas seulement pour la production apicole, mais pour l'agriculture et les ressources du monde entier.

Les quelque 20 000 spécimens d'abeilles de la planète (près de 1000 en France) sont en effet les principales pollinisatrices : 80 % des espèces végétales dépendent de ces insectes. Leur butinage est indispensable pour la biodiversité et la reproduction d'une multitude de fruits, légumes et plantes. Ce qu'on imagine moins, c'est leur rôle économique : 35% de la production mondiale de nourriture et 10 % du chiffre d'affaire de l'agriculture mondiale dépend d'elles. Selon le CNRS, l'impact économique de la pollinisation représenterait 153 milliards d'euros par an. Albert Einstein aurait même dit un jour : "Si l'abeille venait à disparaître de la surface du globe, l'homme n'aurait plus que quatre années à vivre".
Pour l'instant, leur mortalité n'est pas clairement explicable : nouveaux prédateurs (dont un frelon d'Asie), maladies, pesticides, insecticides ... A propos de ces derniers toutefois, le Parlement européen a décidé d'agir préventivement en formalisant un accord visant à interdire 22 substances dans la fabrication d'insectifuges. Le Cruiser, surnommé le "tueur d'abeilles" est d'ores et déjà interdit en Allemagne ; autorisé depuis 15 mois dans l'Hexagone, la France pourrait suivre la voie de l'Allemagne et l'interdire à son tour.
On constate par ailleurs que les abeilles survivent mieux en milieu urbain que dans les campagnes, c'est-à-dire dans des zones moins contaminées par les pesticides. L'union nationale de l'apiculture française, dans le cadre du programme "l'abeille, sentinelle de l'environnement", encourage les villes à installer des ruches sur les toits et dans les espaces verts. Paris et Lille en ont déjà pris l'initiative. Ainsi, le Grand Palais de Paris a installé, depuis le 7 mai dernier, une ruche sur son toit pour contribuer à défendre la biodiversité et à la connaissance de la vie des abeilles en ville. La première récolte est prévue pour juillet ! 60 000 abeilles et une reine ont donc pris leurs quartiers sur le Grand Palais, et semblent s'y sentir bien. "C'est notre petite contribution à la biodiversité" a indiqué Yves Saint-Geours, président de l'établissement. Il a également annoncé que le miel "toutes fleurs" serait commercialisé dans les semaines à venir.
D'après Nicolas Géant, apiculteur de la Celle-Saint-Cloud et instigateur de cette opération, "les abeilles vivent mieux en ville qu'à la campagne, à cause de la biodiversité". Il semble que l'air des villes soit moins pollué que celui des campagnes. "Il y a des milliers de petites fleurs en ville, même de la lavande, alors que la campagne est polluée par les pesticides. La pollution de la ville n'est rien comparée à celle occasionnée par les pesticides" déclare-t-il.
(Source : developpementdurable.com)

Pour comprendre les conséquences désastreuses de la disparition des abeilles sur l'agriculture, dont dépend notre propre subsistance, voici un extrait du documentaire "Le silence des abeilles", de Doug Shultz (USA 2007) diffusé sur la chaîne "National Geographic" en mars et avril 2008.

 


Le silence des abeilles - Par AMAPD

Nous aussi nous pouvons faire quelque chose ; les citadins qui ont un petit coin de jardin ou un balcon peuvent fleurir leur extérieur de tout un tas de petites fleurs que les abeilles apprécieront de butiner, par exemple.
Exemples de fleurs attirant les abeilles : Reseda, centaurée, cameline, coquelicot, marguerite, phacélie, lotier, souci, trèfles, lavande, sainfoin....Toutes ces espèces alliant l'utile à l'agréable peuvent être cultivées en jardin comme sur un balcon, en jardinière (source : campagnesetenvironnement.fr).
Par Lisa
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Jeudi 21 mai 2009

Spéculation immobilière, érosion aggravée par certains excès d'origine humaine... le béton avance, la mer recule. Autant dire que les espaces côtiers sont mal en point.
En France, l'érosion touche 1/4 du littoral, soit 1 720 km peuplés de 7 millions d'habitants, selon l'institut français de l'environnement (IFEN). Ce chiffre ne cesse d'augmenter. La délégation interministérielle à l'aménagement et à la compétitivité des territoires prévoit que le littoral français accueillera, d'ici 2030, 3,4 millions d'habitants de plus, alors qu'il ne représente que 4% du territoire. En Europe, c'est 1/5ème des plages et falaises (soit 20 000 km) qui est atteint par l'érosion ; les pays les plus concernés sont Chypre, la Pologne, la Lettonie et la Grèce. Dans le monde, îles coralliennes, deltas, mangroves comptent parmi les territoires les plus exposés.
Même si la mobilité des côtes est un phénomène naturel du fait des vagues, du vent, des courants et de la nature de côtes, les activités humaines ne cessent de l'amplifier. Le développement des ports, des quais et des ouvrages de protection bouleverse aujourd'hui fortement les courants marins et les transports de sédiments. De même que les barrages et les endiguements réalisés sur le bassin versant des fleuves.
Cas le plus évident, le plus médiatisé, le plus simple, et de ce fait le plus difficilement contournable, les îles et récifs coralliens sont des zones particulièrement vulnérables à l'élévation du niveau de la mer, de sa température, et aux tempêtes de plus en plus fréquentes. Ainsi les îles Tuvalu, dans le Pacifique Sud, dont l'altitude maximale est de 5 mètres et où l'on a vu disparaître, au cours des 10 dernières années, 3 mètres de front de mer. A plusieurs reprises, les tuvaluans ont dû évacuer momentanément leurs îles lors des marées de vive-eau. Un nombre croissant d'entre eux a d'ores et déjà quitté l'archipel.
La menace qui pèse sur les deltas, elle, est moins connue, et plus complexe. Elle résulte de la combinaison catastrophique entre aménagements, manque d'entretien de ces derniers, poussée urbaine et aggravation des évènements météorologiques extrêmes (tempêtes, cyclones, etc.). En 2005, les conséquences du cyclone Katrina étaient plus ou moins prévisibles dans le delta du Mississipi, qu'on savait affaissé et mal protégé depuis des décennies.
La cas du Bangladesh, pays-delta surpeuplé et balayé par des cyclones de plus en plus fréquents, ne diffère pas fondamentalement. Ce delta est d'ailleurs sérieusement menacé de submersion dans sa partie occidentale. En outre, ses ressources en gaz naturel l'exposent à un avenir incertain, l'exploitation du pétrole et du gaz amplifiant l'affaissement naturel du sol, ce qui fut justement le cas en Louisiane.
Circonstance aggravante, les pompages d'eau dans les grandes métropoles, qui contribuent à leur submersion. Tel est le cas d'une ville comme Bangkok, construite sur le delta de la Chao Phraya et constamment affectée par les inondations. Ou de Venise, l'une des plus belles villes du monde, mais l'une des plus menacées aussi, notamment à la suite de l'exploitation du méthane à l'embouchure du Pô. On ne compte plus les côtes érodées dans les deltas : celui du Nil, en Egypte, qui continue de subir les conséquences de la construction du barrage d'Assouan. Celui de la Volta, en Afrique occidentale, où la ville ghanéenne de Keta disparaît par pans entiers, victime du barrage d'Akosombo. La liste est longue des deltas erodés : elle inclut ceux de l'Ebre en Espagne, du Danube, du Sénégal, du São Francisco au Brésil, du Rhône en Camargue, etc. En Chine, la construction du barrage des Trois-Gorges risque d'avoir à terme des conséquences analogues sur le delta du Yangzi Jiang (fleuve bleu).
Le phénomène d'érosion des côtes n'est pas nouveau, mais il s'accélère. Dés 1992, le géographe spécialiste des espaces côtiers Roland Paskoff tirait une sonnette d'alarme dans un livre intitulé " Côtes en danger". Il pointait, outre la poussée urbaine, l'inadéquation de l'arsenal juridique français qui, dans l'état actuel des choses, aboutit à détruire et non à préserver les zones humides, en particulier les marais maritimes, fondamentaux comme sources de vie et de diversité biologique, et pourtant drastiquement polderisés depuis des siècles.
Ainsi disparaissent les espaces naturels, irrésistiblement grignotés. En France,  la "loi littoral" interdit théoriquement de construire dans une bande de 100 mètres le long du rivage, mais elle est systématiquement contournée par de nombreuses municipalités (logements en plus = impôts locaux en plus). Le Conservatoire du littoral est un organisme crée en 1975 ; il a pour mission d'acquérir des territoires pour les soustraire à l'urbanisation, mais ses efforts et son budget ne pèsent malheureusement pas grand chose pour faire face à l'ampleur colossale des enjeux financiers.
Sur internet :
 Conservatoire du littoral 
European Union for coastal Conservation
Convention de Ramsar sur les zones humides
World rainforest Movement, organisation de la défense de la forêt tropicale.



Outre les dégâts environnementaux qu'il cause, le bétonnage effréné des côtes est également une pollution visuelle, une vérue qui transforme les plus beaux endroits en lieux irrespirables et sans plus aucun charme.

Par Lisa
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Lundi 18 mai 2009

Alors que le plan Harpie est discrètement remis en place en Guyane pour lutter contre l'orpaillage clandestin, les désastres écologiques et humains de la chasse à l'or continuent en Amazonie. Un drame mis en lumière par le documentaire "La fièvre de l'or", d'Olivier Weber, sorti en DVD le 6 mai dernier.

"La terre de Guyane ne sera plus violée impunément !", c'est ce que promettait Nicolas Sarkozy il y a un an, lors de son discours de Camopi, village amérindien d'Amazonie. Pour cela il annonçait le déploiement du plan Harpie, opération "exceptionnelle" destinée à renforcer le dispositif de lutte contre l'orpaillage clandestin. Pourtant, si les actions entreprises depuis lors ont permis de saisir 63 kg d'or clandestin et 323 kilos de mercure au cours de l'année 2008, la situation reste alarmante.
Car dans un contexte où le cours de l'or atteint des sommets, l'orpaillage illégal est encore une activité particulièrement dynamique en Amazonie, et notamment en Guyane française. Avec son lot de conséquences désastreuses que nous montre Olivier Weber (grand reporter au Point) dans son DVD. Ce qu'il y décrit est un monde où "les règles françaises sont extensibles ; où l'on peut encore faire ce que l'on veut", affirme un chercheur d'or actif depuis 20 ans dans la région. Ce que "l'on veut", c'est extraire l'or en dépit de toute considération environnementale et humaine, avec des méthodes rudimentaires et à moindre coût. La plus utilisée est le jet de pression d'eau projetée pour décaper les sols et dont la boue, rendue toxique par le déversement de mercure (1,3 kilo de mercure est utilisé pour 1 kilo d'or récupéré), est rejetée sans aucune précaution dans les rivières.

Trafic de mercure
Officiellement banni du territoire depuis 2006, le mercure utilisé pour amalgamer l'or fait l'objet d'un lucratif trafic parallèle, qui enrichit les trafiquants mais condamne une partie de la population, principalement les améridiens vivant sur les territoires de l'orpaillage. Leur principale source de protéine, le poisson, est en effet truffée de mercure et contamine en premier lieu femmes enceintes et enfants. Dans un village, Olivier Weber filme ainsi un membre de l'association "solidarité Guyane" occupé à couper les cheveux des enfants pour en mesurer le taux de mercure. Verdict : 13 à 16 microgrammes par gramme de cheveux, soit 4 fois la norme internationale autorisée (la norme européenne est de 2,5 mg)... Pas étonnant, donc, que les malformations, séquelles neurologiques ou cancers se multiplient au sein de la population, particulièrement chez les Wayanas. "Plus qu'un scandale, c'est un ethnocide, car la France laisse mourir un peuple ici" s'emporte ainsi un membre de l'association des amérindiens Oka Mag, Philippe Aquila.
"L'or, le sang et la sueur sont intimement liés" estime un autre protagoniste du documentaire. Mais cela n'empêche pas les femmes de le porter. De toute façon, personne ne veut savoir, ne cherche à savoir". Dans la région déjà, les pépites font figure de monnaie locale. Salaires, prostituées ou alcool du supermarché, tout se paye avec l'or. Mais l'or, qu'il soit légal ou non, est aussi exporté et atterrit in fine dans les banques ou chez les joaillers. Le gouvernement français peine à assurer la traçabilité de la filière : en 2005 le Sénat estimait que 8 à 10 tonnes d'or (qui se monnaye actuellement à 20 € le gramme) quittaient illégalement la Guyane. Et déjà, sur près de 10 tonnes d'or déclarées à l'exportation, seules 3 l'ont été à la production. "Il existe pourtant une loi qui garantit l'origine de l'or, mais qui n'a jamais été signée pour la Guyane", souligne Romain Renoux, responsable du pôle outre-mer du WWF. L'ONG, qui réalise une étude sur la traçabilité de l'or guyanais (à paraître en juin), milite aussi pour "qu'à l'occasion de la Saint-Valentin 2010, un premier bilan de la traçabilité soit publié et qu'une garantie soit mise en place pour celle de 2011".

Une destruction continue
Pour stopper les chercheurs d'or, qui font fructifier ce marché mais aussi celui de la prostitution et le crime, les moyens mis en place par les autorités semblent parfois dérisoires. Les orpailleurs des chantiers clandestins sont prévenus à l'avance par leurs confrères des descentes de gendarmerie. Quant aux barrages mis en place, faits de bidons et de fils, "ils sont facilement franchis par les pirogues lancées à toute vitesse" avouent les gendarmes désabusés.
Les chiffres fournis en guise de conclusion donnent le tournis : "chaque année, 300 tonnes d'or sortent de l'Amazonie (Brésil, Guyane, Suriname) et 120 tonnes y rentrent. Le temps de voir ce film (1h30), 51 kilos d'or ont été récoltés, 20 kilos de mercure ont été déversés et l'équivalent de 700 terrains de football ont été déforestés".
La bataille contre l'orpaillage clandestin (500 sites recensés en 2006 en Guyane, employant 3000 à 15 000 travailleurs illégaux) et son pendant, la lutte contre la dégradation de l'environnement et des conditions de vie des amérindiens, sont encore loin d'être gagnées. La filière parallèle extrairait en effet trois fois plus d'or que la filière classique (10 tonnes annuelles contre 3). Et selon le WWF, les chantiers clandestins démantelés par le plan Harpie se sont en partie déplacés au Suriname voisin.

Les conséquences sur la forêt amazonienne, repaire d'une biodiversité encore foisonnante, sont dramatiques. Dans un rapport dévoilé en février par le journal France Guyane, l'Office National des Forêts s'alarme de la croissance exponentielle de la déforestation. L'ONF estime ainsi qu'entre 2007 et 2008, plus de 900 hectares de forêt ont été décimés par l'orpaillage dans le parc amazonien. En moins de 20 ans, 3273 hectares (sur les 3 milliards du parc), 405 kilomètres d'eau ont été détruits, et 1121 km de fleuves ont été pollués.

> DVD "La fièvre de l'or", documentaire d'Olivier Weber (sorti le 6 mai 2009), accompagné du livre "j'aurai de l'or", aux éditions Robert Laffont, 2008.

-Source : Novethic-

Par Lisa
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Mercredi 13 mai 2009

Ce week-end a lieu la fête de la nature, un rendez-vous annuel des amoureux de la nature depuis trois ans. Cette fête a en effet été imaginée par des amoureux de la nature pour donner à tous le plaisir de découvrir ou redécouvrir les richesses de la nature et renouer des liens forts avec l'environnement, trop souvent rompus pour les plus citadins. Pendant tout le week-end, des professionnels et des bénévoles de réseaux de protection de la nature font découvrir gratuitement des espaces connus ou inconnus, font découvrir des espèces emblématiques ou méconnues, organisent des activités nature, etc. Des centaines de balades sont organisées dans des lieux inconnus ou familiers par des guides qui en connaissent les moindres recoins ; ces guides naturalistes sont présents pour permettre de mieux comprendre le travail et la passion de ceux qui gèrent les espaces naturels et qui veillent au maintien de la biodiversité ; c'est l'occasion de les rencontrer.  
Pour cette troisième édition, les organisateurs souhaitent voir participer aussi les particuliers ; ils sont nombreux à entretenir un coin de nature dans leur propriété ou leur simple jardin. Créer la convivialité et l'échange autour de la nature dans des lieux privés est aujourd'hui un objectif de la fête de la nature 2009.

> La fête de la nature est un moment exceptionnel de sensibilisation aux urgences et aux enjeux de la protection de la biodiversité. Elle permet de s'interroger sur la place de l'homme dans la nature et sur sa responsabilité dans la conservation de la biodiversité.

Témoignage de Serge Dary, animateur en réserve naturelle.
"Si nous fêtons la nature, c'est pour rappeler aux hommes d'où ils sont issus. Ainsi, hier comme aujourd'hui, nous devons trouver notre place en son sein. Il est important de rester lié à cette nature qui est notre famille. Si nous voulons la protéger, il faut d'abord la connaître et la comprendre. Avant de trouver l'harmonie, participons d'abord à l'échange entre l'homme et la nature, car la sauvegarde de la biodiversité dépend de ce partage".

Témoignage de Cyril Laurentin, animateur nature, responsable d'activités chez Nature & Découvertes :
"Pendant des années, j'ai passé tous mes week-end en pleine nature, guidé par les associations naturalistes d'Ile de France. En plus d'acquérir des connaissances sur la faune et la flore, j'ai découvert de nombreux sites. Ceux que je préfère sont remarquables par la richesse de leurs milieux : mares, vallons, forêts... On peut alors aborder la biodiversité dans son ensemble. Souvent, les habitants d'Ile-de-France partent loin dés que le week-end arrive, alors qu'à deux pas de la maison il y a des sites magnifiques. Quand j'anime des sorties, j'essaie d'amener les participants à prendre conscience de toute cette richesse".

Site de la fête de la nature, où l'on peut notamment consulter les activités proposées près de chez soi : http://www.fetedelanature.com/


Par Lisa
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 24 avril 2009

En mars dernier, lors d'un sommet de la confédération de l'industrie indienne, le directeur qualité et environnement indien de Coca-Cola, Navneet Mehta, déclarait que l'objectif du groupe était de reconstituer les eaux souterraines utilisées par l'entreprise dans le pays à la fin de l'année 2009 et de devenir "neutre en eau" pour tous leurs produits et procédés de fabrication d'ici 2012.
"Remplace chaque goutte d'eau utilisée pour nos boissons et pour leur production", c'est le but que s'est fixé la multinationale dés 2007 dans tous les pays du monde. Mais cette annonce a une résonnance toute particulière en Inde, où Coca-Cola est fortement contesté, justement en raison de sa trop grande consommation d'eau. Ses implantations dans le Rajasthan, notamment, sont mises en cause du fait de l'aridité de la zone, l'une des plus sèches du pays. Or Coca-Cola, qui se définit elle-même comme "hydration company", a besoin de 3,26 litres d'eau pour produire 1 litre de soda (2,47 litres en moyenne dans le reste du monde, soit 300 milliards de litres d'eau utilisés pour l'année 2007). En Inde, près de 20% de la population n'a pas accès à l'eau potable et 80% de la population rurale s'approvisionne en eau potable via les eaux souterraines.
Dans le camp associatif, les annonces de Coca-Cola font figure de belles paroles. Un livre blanc de 2007 sur le concept de la "neutralité en eau", auquel ont pris part Coca-Cola, le WWF et le World Business Council on Sustainable Development, en montre les limites. "Au sens strict, le terme water neutral est gênant et peut même être trompeur. Il est souvent possible de réduire l'empreinte de l'eau, mais il est généralement impossible de la faire descendre à zéro", affirme le rapport, pour qui l'expression a surtout une résonnance médiatique. "Il est impossible pour Coca-Cola de tenir cet engagement, et ses documents le prouvent. Il s'agit d'une opération de communication" s'indigne Amit Srivastava, le coordinateur du centre de ressources India. Basée à San Francisco, l'organisation est aujourd'hui presqu'exclusivement centrée sur le cas Coca-Cola, qu'elle accuse, soutenue par d'autres associations et des communautés indiennes, de pomper une quantité énorme d'une précieuse eau et de polluer les nappes phréatiques. Depuis le retour de la firme sur le sol indien (elle en avait été chassée en 1977 par le gouvernement) il y a 16 ans, les deux camps se livrent donc une farouche bataille à coups de jugements, détudes et d'informations interposées. Mais c'est depuis le début des années 2000 que les choses s'accélèrent, avec l'ouverture de l'usine de Plachimada.
Peu de temps après son installation en effet, les villageois dénoncent la pollution et l'assèchement des nappes phréatiques. En 2004, le mouvement obtient gain de cause : le fabricant de sodas doit plier bagages, chassé par le conseil du village qui lui refuse le renouvellement de sa licence d'exploitation. Des tests montrent en effet un taux extrêmement élevé de cadnium dans les déchets rejetés par Coca-Cola. Des conclusions qui viennent s'ajouter à un rapport du CSE (Center for Science and Environment) démontrant des taux de pesticides 30 fois supérieures aux normes européennes dans les bouteilles de Coca et Pepsi, entraînant le retrait immédiat des sodas dans les écoles, hôpitaux, voire administrations de cinq Etats fédérés. L'Etat du Kerala allant même jusqu'à interdire la production et la vente du soda sur tout son territoire (interdiction levée quelques années plus tard). Par ailleurs la question de l'assèchement des nappes phréatique est soulevée par de nombreux rapports et donne lieu à des jugements tels celui de la Haute Cour de Kerala qui, sans accuser Coca-Cola d'en être le seul responsable, lui demande de réduire sa consommation en eau.
Des actions qui ont ébranlé la multinationale, érodant ses ventes et son image. Pour faire face aux attaques, Coca-Cola a donc mis en place un site destiné à répondre aux accusations portées sur l'Inde (et la Colombie également). Puis en 2007 un fonds doté de 10 millions de dollars et spécifiquement dédié à la gestion de l'eau dans le sous-continent indien est créé. "Le système mis en place a permis de créer un potentiel de collecte des eaux de pluie environ égal à 82% de l'eau que nous utilisons en Inde", affirme un porte-parole de la marque. Rapports contre rapports, décisions de justice contre décisions de justice, Coca-Cola s'appuie aussi sur d'autres tests pour prouver qu'il n'existe plus de résidus de pesticides dans ses boissons et qu'elle n'est pas responsable de la baisse du niveau des eaux souterraines, stoppe la distribution de résidus accusés d'être toxiques aux paysans des villages alentours, réduit sa quantité d'eau nécessaire à la production des sodas (-34% entre 1999 et 2005), noue des partenariats, multiplie la création de citernes de collecte d'eau (350 aujourd'hui), et met en place la règle des "3 R" (réduire, recycler, remplir). Des avancées, certes. Mais insuffisantes selon Amit Srivastava. "Que Coca-Cola devienne plus économe en eau est une bonne nouvelle. Mais l'entreprise a changé ses pratiques sous la pression de la campagne. Il y a sept ans, ils avaient seulement trois collecteurs des eaux pluviales, il leur fallait 9 litres d'eau pour fabriquer 1 litre de Coca-Cola et ils distribuaient leurs déchets toxiques aux paysans. Alors que Coca-Cola met en avant les nombreuses récompenses obtenues pour ses efforts environnementaux, un rapport rendu en janvier 2008 par le TERI (The Energy and Resources Institute) l'avertit toutefois de la dégradation de la situation hydraulique à Mehdiganj et demande la fermeture de l'usine de Kala Dera, située dans une zone très aride. A ce jour pourtant, celle-ci est toujours en activité. Selon un porte-parole de Coca-Cola Inde, "le nombre de litres nécessaires à la production est aujourd'hui de 2,65 litres, ce qui en fait l'une de nos usines les plus économes en eau du pays et nous avons la capacité de réinjecter plus d'eau que nous n'en utilisons".
La bataille de l'eau ne fait que continuer...

Par Lisa
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Mardi 21 avril 2009

Depuis la révolution industrielle, l'activité humaine met de plus en plus à mal l'environnement, dans le seul but de produire toujours plus. Le revers de la médaille du progrès industriel : la multiplication de catastrophes sanitaires et écologiques irréversibles.

Le nom de Bhopal, capitale de l'Etat du Madhya Pradesh (Inde), est associé à la plus grande catastrophe de l'industrie chimique. Le 2 décembre 1984, 42 tonnes d'isocyanate de méthyle (un gaz hautement toxique) s'échappent d'une usine de pesticides appartenant à la société américaine Union Carbide (aujourd'hui Dow Chemical). Bilan : 500 000 victimes, et 20 000 morts.
Plus de vingt ans après, une seconde génération de victimes voit le jour : des victimes de l'eau, via le sol infesté de produits chimiques. Car, pendant des années, l'usine a empoisonné le sol. Des métaux lourds ont été décelés dans l'eau, parfois à un niveau jusqu'à six millions de fois supérieur à la présence naturelle de ces éléments dans le sol. Elle est imbuvable, mais souvent bue. La catastrophe industrielle continue...
Deux ans après Bhopal, le 25 avril 1986, la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, enregistre une surchauffe de son réacteur n°4. Des réactions en chaîne entraînent l'explosion de la dalle de béton recouvrant le réacteur. La construction bâclée de la centrale, la culture soviétique du secret et l'incompétence du personnel dirigeant amplifient les conséquences de l'accident. En 2006, la situation globale de la radioactivité serait redevenue "acceptable" dans la région ... bien que supérieure à la moyenne mondiale. La superficie des zones contaminées couvre 150 000 km ² et concerne environ 5 millions de personnes. Il reste toujours une zone fortement contaminée de 30 km de rayon autour du réacteur.
Bhopal et Tchernobyl sont à eux seuls le symbole de deux systèmes en échec environnemental : l'ultralibéralisme et le communisme.
 
Suite à l'accident de Seveso (Italie, 1976), une directive de l'Union européenne organise la sécurité pour les sites dangereux. Mais, si elle réduit les risques, l'application des normes Seveso n'est pas aussi rigoureuse qu'on le prétend. Par exemple, en Belgique (qui enregistre une des plus fortes concentrations de sites Seveso), ceux-ci ont quadruplé depuis 2000 (de 82 à 310) suite à l'application d'une directive européenne. Le nombre de contrôleurs n'a pas pour autant augmenté. Et, en France, les toulousains se souviennent de l'explosion de l'usine AZF, le 21 septembre 2001, qui fit 30 morts et environ 2 200 blessés. Enfin, les normes Seveso concernent uniquement l'Europe. Ainsi, le 13 novembre 2005, une usine pétrochimique de Jilin (Chine) a déversé dans le fleuve Songhua des centaines de tonnes de produits hautement cancérigènes. Cette pollution a touché plusieurs villes, exigeant un plan quinquennal de 1 milliard d'euros pour nettoyer (en principe) ce fleuve... en principe seulement, car il est en réalité toujours fréquemment victime de rejets industriels.

En mer, les catastrophes riment avec marées noires, elles aussi directement liées à l'activité industrielle. Les 40 000 tonnes de fioul échappées du pétrolier américain Exxon Valdez, qui sombra en mars 1989, coûtèrent la vie à 250 000 oiseaux marins et perturbèrent à très long terme la chaîne alimentaire et l'ensemble de l'écosystème des côtes de l'Alaska. Puis ce furent les 37 000 tonnes de l'Erika qui, le 12 décembre 1999, se brisa en deux au large des côtes françaises. A peine 3 ans plus tard, les 77 000 tonnes du Prestige souillaient gravement les côtes espagnoles... 
Point commun entre ces deux derniers navires : ils naviguaient sous des pavillons de complaisance (Malte pour l'Erika, les Bahamas pour le Prestige) qui octroient des avantages aux propriétaires (notamment en matière de restriction des droits des travailleurs, de sécurité et de fiscalité). Ces navires-poubelles ont malheureusement encore de beaux jours devant eux. En avril 2008, une majorité des ministres des transports des pays européens rechignaient à adopter des mesures plus contraignantes, imposant entre autre un renforcement de la responsabilité civile des propriétaires des navires et des obligations de l'Etat du pavillon. Mais en politique, il ne fait jamais bon se mettre à dos le lobby industriel et pétrolier ...  Sans une réelle volonté politique, le temps des catastrophes industrielles, sur terre comme en mer, n'est donc pas révolu... La fonte des glaces va permettre le passage de pétroliers dans le grand nord ; à la première marée noire dans ces territoires jusqu'ici préservés, l'homme aura défitivement fini de souiller la planète jusque dans ses pôles, incapable d'avoir su un tout petit peu l'épargner.


Liste des plus grands accidents industriels :
- San Juan Ixtaheupec (Mexique), 1984 : explosion de stocks de gaz de pétrole liquéifié. 708 700  victimes.
- Three Mile Island (Etats-Unis), 1979 : accident nucléaire, 200 000 victimes.
- Mississauga (Canada), 1979 : déversement de produits hautement toxiques, 220 000 victimes.
- Minas Gerais (Brésil), 2003 : rupture d'un réservoir de produits chimiques, 550 000 victimes.
-Tchernobyl (Ukraine), 1986 : explosion nucléaire. 135 031 victimes.
- Bhopal (Inde), 1984 : fuite de gaz toxiques, 500 000 victimes.
- New Delhi (Inde), 1985 : accident chimique, 100 351 victimes
- Tianyuan (Chine), 2004 : fuite de chlore, 150 009 victimes.
- Visakhapartnam (Inde), 1997 : incendie d'une raffinerie, 10 087 victimes. 
(Source : l'Atlas de l'environnement).

Par Lisa
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

Présentation

DOSSIERS

>> SPECIAL VACCINS : pensez-vous tout savoir sur les vaccins ?... RV à la rubrique VACCINS

>> Dossier santé : la santé et la forme au naturel. RV à la rubrique SANTE

>> Dossier Nature & Environnement : Protéger notre fragile planète bleue contre tout ce qui la menace. RV à la rubrique ENVIRONNEMENT
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés