Un
livre très intéressant, que je recommande vraiment. Je parle pas mal de ce sujet (les erreurs médicales, et aussi ce que j'appelle la "mafia médicale"), mais je m'y intéresse énormément car
je compte, professionnellement, m'attaquer plus tard à ce genre de problèmes, graves. D'où mon intérêt pour le sujet ; c'est une chose qui me révolte. Surtout quand on sait que les médecins
se protègent entre eux quand l'un de leurs collègues commet une erreur. Encore plus quand les conséquences sont lourdes voire irréversibles (décès).
Ce livre explique très bien que les problèmes peuvent se résoudre à l'amiable assez facilement, mais que bien souvent, les docteurs n'assument pas et ne reconnaissent pas leurs erreurs, ce
qui conduit à un procès qui pourrait être évité si les médecins ne fuyaient pas leurs responsabilités.
Patrick de la Grange est avocat spécialisé dans le droit de la réparation du préjudice corporel. Il a assuré la défense de plusieurs des victimes dans l'affaire de la
clinique du Sport.
Fabrice Papillon est journaliste scientifique. Directeur de Scientifilms, société de production audiovisuelle spécialisée dans la science et la médecine.
De 10 à 20 000 personnes meurent chaque année des conséquences d'accidents médicaux (nettement plus que les accidents de la route). Or la moitié d'entre eux auraient pu être évités.
Forts de leur expérience du milieu médical, Patrick de la Grange et Fabrice Papillon osent dire la vérité sur :
l'engorgement des urgences,
les disparités entre les régions,
la formation des médecins,
les conséquences des 35 heures à l'hôpital...
... Le constat est sans appel. Si le dévouement des hommes et des femmes est incontestable, le système prend l'eau de toutes parts.
Autant qu'une enquête , ce livre est une réflexion sur l'avenir de notre système de santé, ainsi qu'un guide pour mieux se prémunir avant toute intervention médicale et se défendre en cas de
faute ou d'accident.
Extrait :
Au cinquième mois de la grossesse de Mme R., une échographie montre une
masse kystique au niveau du rein gauche du foetus. L'anomalie est régulièrement suivie et l'accouchement se fait normalement. une surveillance du kyste est initiée par le pédiatre de la
maternité, mais l'enfant et sa mère peuvent quitter l'hôpital. Deux mois plus tard, le petit Marc fait une petite infection urinaire. Après plusieurs consultations et examens, il est décidé
d'ôter le rein gauche non fonctionnel. L'opération a lieu au début de l'été sur l'enfant âgé de dix mois. Le compte-rendu opératoire signale clairement que le rein gauche présentait effectivement
de nombreuses anomalies.
Dés le lendemain de l'intervention, l'état du bébé se dégrade. Il présente des diarrhées, refuse de boire et manger, n'urine que très peu, a le visage gonflé. Le pédiatre consulté pose un
diagnostic d'allergie à l'antibiotique que prend le petit Marc, et autorise le retour au domicile. L'échographie de contrôle réalisée le jour même précise toutefois que le rein droit ne peut être
visualisé... Un médecin appelé en urgence le lendemain à domicile pense immédiatement que les symptômes correspondent à un oedème d'origine rénale et diagnostique de fait une insuffisance rénale
aiguë.
Marc est transféré en urgence en réanimation infantile, où il passera une vingtaine de jours. Les examens réalisés mettent en évidence une néphrectomie droite, avec incision à gauche, alors que
le rein gauche dysplasique est toujours en place. En d'autres termes, le chirurgien a ouvert du bon côté mais a ôté un rein sain (le droit) en passant par le côté gauche, et a laissé en
place le rein malade.
Après trois ans de dialyse quotidienne, Marc a enfin pu bénéficier d'une transplantation rénale.
Face à un tel cas, on d'abord se poser la question du bien-fondé de l'intervention, étant donné qu'on peut mener une vie strictement normale avec un rein unique, le rein sain s'hypertrophiant
avec le temps pour compenser la carence du rein malade.
(...) Etant donné la lourdeur et les contraintes du traitement, le petit Marc est victime de souffrances physiques et morales majeures. Quant à sa famille, elle doit assurer une surveillance
permanente et les parents doivent fréquemment interrompre leurs activités professionnelles pour assurer les soins de leur enfant.
L'assurance a été condamnée, à titre
provisionnel, à verser 250 000 euros à la famille. La cour d'appel a ramené cette provision à 200 000 euros.
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