Lundi 19 mai 2008

Voilà ce qui se passe lorsque les médecins veulent se croire plus forts que l'Eternel...
Elodie Amouriq aurait pu partir dans le mystère le plus parfait et naturel. Mais un médecin, se croyant plus fort que le Ciel lui-même, a décidé qu'Elodie méritait l'enfer sur Terre plutôt que le Paradis des anges...
Ou quand la médecine n'en finit plus d'aller à l'encontre du bon sens, avec un troupeau de docteurs qui s'acharnent sur un tout petit être. Des docteurs qui matraquent un corps minuscule d'appareils repiratoires, cardiaques, d'une batterie de tubes, d'encéphalocardiogrammes et d'indicateurs en tout genre ; des docteurs qui, pour refuser que Dieu rappelle à lui ses enfants, condamnent les êtres à vivre à tout prix, même à une vie à l'état végétatif. De plus en plus, les médecins sont des acharnés qui n'ont plus aucun bon sens, ni plus aucune pitié pour les familles entières qu'ils détruisent par leurs actes aveugles et criminels.
Mais à part ça, faisons confiance à la médecine traditionnelle...

A sa naissance, lors d'un accouchement qui s'est déroulé dans des conditions dramatiques, la fille d'Annie Amouriq, Elodie (née en 1982), après être venue au monde morte-née, a été réanimée... contre la volonté de ses parents, qui se sont opposés à cette réanimation.
Depuis, Elodie a un très lourd handicap mental, est tétraplégique, muette et presque aveugle.
Aujourd'hui, la mère d'Elodie réclame réparation et attaque en justice l'hôpital pour avoir ranimé sa fille morte-née contre sa volonté et celle de son mari. Elle demande 6,5 millions d'euros au centre hospitalier de Châteauroux, pour couvrir les frais de la vie quotidienne d'Elodie, sachant que le père est mort en 2000, et qu'il était le seul salaire du foyer ; Annie Amouriq avait abandonné son emploi à la naissance d'Elodie afin de se consacrer à elle.

Témoignage d'Annie Amouriq au micro de France-Info :

Ma santé me disait que, quand même, au niveau de mon corps, j'étais très gonflée et tout ; je savais que je dépassais le terme, je savais aussi que j'avais alerté les médecins dés le début, que j'avais une date de déclaration de grossesse un peu litigieuse. A ce moment-là, on m'a dit : "Il n'y a pas de danger à dépasser un terme, et de toute façon, nous ne provoquons pas, ici, à l'hôpital de Châteauroux". Donc je suis rentrée chez moi absolument inquiète, meurtrie, et quand enfin des convulsions violentes sont venues, je me suis précipitée à l'hôpital, et à ce moment-là tout s'est enclenché. Des douleurs terribles,  je n'avais aucune dilatation, mais l'enfant faisait des soubresauts immenses sous le ventre ; on m'a même dit, lorsque je suis arrivée à l'accueil : "mais c'est pas possible, j'ai jamais vu de tels soubresauts sous le ventre d'une femme"... Je pense que ça témoignait de l'enfant qui était en train de s'éteindre intérieurement.

J'ai dit que l'enfant poussait, pour qu'on puisse me faire entrer en salle d'accouchement. Et quand enfin j'étais en salle d'accouchement, il n'y avait pas d'infirmière, la sage-femme était en train d'accoucher un petit préma, on m'a dit de patienter ; et quand enfin elle était libérée, elle est venue, cette jeune sage-femme qui produisait son premier emploi là. Elle m'a donc libéré la poche des eaux ; à ce moment-là, il s'est avéré que tout était vert, vert épais, purée de pois. J'ai beaucoup souffert, j'ai poussé pendant plus de 25 minutes ; il n'y avait pas vraiment de dilatation, mon mari est monté sur la table d'accouchement, a poussé sur le ventre, et quand l'enfant est née, elle était totalement inerte, blanche, livide. Elle était morte. J'ai perdu connaissance.
Mon mari a du comprendre ce qui se passait, il a donc suivi l'enfant qui avait été portée auprès du pédiatre, et à ce moment-là il a dit :"qu'est-ce que vous faites ? Je m'oppose à une réanimation." Et on lui a dit : "Monsieur, vous sortez de cette pièce, vous n'avez rien à y faire".


Journaliste : Ce médecin, qui veut réanimer l'enfant, pourquoi il fait ça, à votre avis ?

Je ne sais pas... Encore maintenant, je me pose toujours la question, d'autant plus que j'étais encore sur la table d'accouchement lorsqu'il est venu me dire : "Madame Amouriq, je viens de réanimer votre enfant ; mais il sera, ou ne sera pas, mais n'y croyez pas, totalement handicapé ; elle ne marchera pas, elle ne parlera pas", et tout et tout. Alors étant conscient de tous les dégâts que le cerveau avait subi, je ne peux pas comprendre, et encore moins admettre, qu'on puisse donner ça à vivre à un petit être, et bien sûr, en conséquence, à toute une famille.
C'est... horrible, et dans l'état actuel des choses, moi je... comment dire... je culpabilise, dans le sens où je me reproche de ne pas avoir eu, comment je pourrais dire... une réaction puissante et de révolte, et d'exprimer : "mais de quel droit vous faites ça !"... Mais on est tellement abattu lorsqu'il nous tombe ça dessus ; comme je vous dis, j'étais encore sur la table d'accouchement, je ne comprenais pas... Abasourdie.

Journaliste : Votre enfant est née totalement handicapée. Aujourd'hui, comment s'appelle-t-elle, et dans quel état est-elle ? Quel âge a-t-elle ?

Elodie, maintenant, a 26 ans. Elle est en effet totalement handicapée, c'est à dire qu'elle est tétraplégique, elle ne parle pas, bien sûr elle ne marche pas, elle ne peut rien faire de ses mains, elle est maintenue dans une coquille qui la maintient pendant trois heures maxi, elle peine. D'autre part, elle a des difficultés d'alimentation, alimentation toujours mixée. Elle est incontinente salivaire, elle est incontinente aussi pour le reste.
Elle peut être douce, maintenant ; elle a hurlé pendant douze ans. Hurlé. Matin, midi, soir, il n'y a aucun repère dans le temps. Pourquoi je me souviens qu'elle s'est arrêtée de hurler à l'âge de 12 ans : parce que mon fils passait son bac, à 17 ans, et je sais que quand il préparait ce bac, il y avait sa soeur qui hurlait toujours à la maison.
Dans l'immédiat, la vie est plus douce, mais elle est hypersensible ; elle a une sensibilité que j'appelle "animale", elle ressent les choses très fortement ; sinon, elle est quand même plus douce. Mais elle est tellement sensible qu'elle fait toujours des crises d'épilepsie, elle fait des crises convulsives que j'assure moi-même en l'assistant avec du Valium... On fait au mieux, mais on fait au mieux en vivotant toutes les deux. Je ne vis que par son rythme. Je peux parler de la journée passée, mais je ne sais jamais ce que sera la journée à venir. C'est une petite vie... Une petite vie, une petite survie.
Je résiste comme je peux. J'ai une force, sûrement intérieure, je sais pas d'où elle vient. J'essaie de faire reconnaître le combat d'Elodie, comme quoi elle n'aurait pas du naître comme ça. J'ai demandé à la justice de bien vouloir le reconnaître, qu'on va reconnaître les moyens dont nous avons besoin, puisque l'expertise qui a été demandée par le tribunal de Limoges a donné une reconnaissance réelle de nos besoins, et j'espère enfin être reconnue.

Journaliste : Qu'est-ce que vous, vous reprochez à l'hôpital ?

Pour moi, on m'a fait dépasser le terme. On m'a dit qu'il n'y avait pas de danger à dépasser le terme. On n'a pas fait d'examen supplémentaire pour voir comment se passait le problème intérieurement, si le liquide amniotique était encore convenable. Le jour de l'accouchement, le monitoring a été posé sur mon ventre, avec la violence des contractions qui se produisaient pour un enfant qui mourait, le monitoring est tombé, on ne me l'a pas remis, on ne s'est pas rendu compte quand est-ce que s'est produit l'arrêt du coeur. Donc c'est quand même des grosses failles ; il n'y avait pas de médecin présent, il n'y avait pas d'infirmière présente ; cette petite sage-femme sortait tout juste de l'école de sage-femmes... Moi, il me semble que, quand même, il y a quelque chose... Il s'avère qu'Elodie avait le cordon ombilical 3 tours autour du cou... L'échographie que j'ai subie au mois de juillet devait quand même me déterminer... A ce moment là on aurait pu dire "attention, il peut se produire quelque chose"... Rien ! Comme si la nature devait tout bien faire chez moi, parce que j'avais déjà eu un enfant et que tout s'était bien passé. Eh bien non, malheureusement, ça ne s'est pas bien passé.

Journaliste : Ensuite, vous avez réclamé le dossier médical à l'hôpital, qu'est-ce qui s'est passé ?

J'ai demandé le dossier médical deux, trois fois, et on m'a dit : "le dossier médical, on ne l'a pas retrouvé, on ne sait pas où il est" ; on ne m'a pas dit qu'on l'avait perdu, on m'a dit qu'on ne savait pas où il était. En plus, maintenant, les dires de la partie adverse s'attachent à dire que le dossier médical n'avait pas à être conservé parce que toutes façons, au-delà de 20 ans, on ne doit pas le conserver. Il y a déjà deux erreurs : Quand j'ai demandé le dossier, Elodie n'avait pas 20 ans : première erreur. D'autre part, les dossier pédiatriques, neurologiques, doivent être conservés 70 ans, et je crois que dans l'état où était Elodie, la neurologie est une chose totalement flagrante.
On est en train de se battre avec une certaine mauvaise foi ; et à plus forte raison n'ayant pas été secourue il y a 26 ans, n'étant toujours pas reconnues sur nos difficultés et nos souffrances actuelles, je me dis que de la part de l'hôpital, il  y a quelque chose qui n'est pas... généreux, on va dire.

Journaliste : Là, vous allez devant le tribunal administratif, donc c'est pour obtenir une sorte de dommages et intérêts, parce que vous en avez besoin...

Je parle beaucoup de la souffrance, parce que c'est la souffrance qui me meurtrit, qui nous meurtrit, mais il ne faut pas oublier que dans la vie, il faut de l'argent. Pour donner un exemple, j'ai un véhicule aménagé pour Elodie. Il est à bout, il me faudrait de l'argent pour racheter un véhicule, ça coûte très très cher. Les aménagements, pour donner un ordre  d'idée : les aménagements, en 2000, m'avaient coûté 96 000 francs, l'aménagement du véhicule... La vie d'Elodie, au niveau alimentaire, ça coûte cher aussi, parce que c'est un bébé à vie, on dit que les bébés coûtent cher, mais c'est vrai ; bon, il y a des aides pour les bébés lorsqu'ils naissent, au niveau des familles, mais ces aides n'existent plus quand on est âgé comme Elodie. Il faut des aménagements, fauteuil roulant...

Journaliste : Actuellement, vous vivez principalement de l'allocation handicapé, c'est ça ?

Ma fille touche l'allocation handicapé, et comme moi j'ai arrêté de travailler il y a 26 ans à la naissance d'Elodie par force, je touche, enfin Elodie touche, mais je me la reverse après,  l'ACTP, de 700 et quelques euros. Donc je vis de ça... Je vis grâce à ma fille, je donne ma vie pour ma fille, mais je vis de ces allocations.
C'est une vie d'incertitudes, et vraiment totalement aléatoire.

Pour en savoir plus : 
Cliquez ici ou/ et ici 

                                                            Merci Docteur...

par Lisa publié dans : SANTE communauté : BLOGS, en parler ...
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