Samedi soir. Vive la propagande et le bourrage de crâne pour alimenter le troupeau de veaux. Fin de
la semaine, on a envie de se détendre. Apéritif dans le salon, et télévision pour le bruit de fond. Vingt heures sonnent, générique du JT. Quoi de neuf sous le soleil ? En Une : "22 mars,
l'étincelle de Mai 68"... Super. Je comprends qu'à partir de maintenant, 22 mars, on va se taper plus de deux mois d'anniversaire de Mai 68, je comprends que la France entière va encenser
cette génération qui n'a laissé en héritage que le manque de respect de l'autorité, le manque de morale. Je comprends qu'on va se payer une couche de féministes et de bonnes femmes du MLF. Je
regarde le journal faire sa propagande en croquant rageusement les biscuits apértif. Interview d'une bonne femme féministe, que l'on décrit comme ayant été une "pasonaria des amphis" (rien que
ça). On parle d'elle au présent : vieille fille sans enfants travaillant dans une mairie de gauche dans un coin paumé de la France : sa vie doit être palpitante. Espérons au moins que sa
"libération sexuelle" lui permet de ne pas être seule le soir dans son dodo et qu'elle arrive à y ramener un bonhomme trouvé au coin de la rue...
Puis le journal passe au sujet suivant sans même avoir donné la parole à un sociologue ou un historien qui aurait critiqué un peu la révolution soixante-huitarde : un journal impartial
aurait parlé des deux. Là, ce n'est que du bourrage de crâne qui n'incite qu'à penser que du bien de 68, faisant croire qu'il n'y a aucune critique à faire. Voilà comment on lave les
cerveaux des gens, du matin au soir, sans répit.
Un peu plus tard dans la soirée, la propagande se fait plus sévère, et plus sournoise aussi. Je veux me mettre un DVD, j'allume la télé. Apparaît à l'écran Nathalie Cardone, dans
l'émission de P Sébastien. J'écoute, dépitée, la chanson fredonner "Aqui se queda la clara, la entrañable tranparencia de tu querida presencia, comandante Che Guevaaaara". Une chanson
qui rend hommage à Che Guevara, en lui assurant qu'aujourd'hui plane sa "querida presencia". Oui, ça, en effet, plane encore aujourd'hui sur notre pays la présence marxiste du révolutionnnaire
cubain.
Aujourd'hui en effet, est ancrée dans la mentalité des français la présence de ce sanguinaire qui a fait des milliers de victimes en déclarant devant l'assemblée générale des Nations Unies, en
1964 : "Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons à fusiller tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort".
En effet aujourd'hui, les français chantent à la gloire de ce dictateur qui a massacré des milliers de personnes pour le seul prétexte qu'elles avaient des idées différentes aux siennes.
En effet aujourd'hui, nous avons une ligue communiste révolutionnaire, petite-fille directe de la dictature cubaine, dont le porte-parole Olivier Besancenot considère que "La pensée de Che
Guevara est une source d'inspiration inépuisable".
Alors, en bon pays qui diffuse la propagande marxiste, nos médias font chanter et danser le bon petit peuple insouciant sur une musique à la gloire d'un dictateur criminel. En bon pays marxiste,
les jeunes portent des tee-shirts à l'effigie de Che Guevara sans même savoir qui c'est, tout juste s'il savent situer Cuba sur une carte.
En bon pays marxiste on nous fait traduire les paroles de cette chanson en cours d'espagnol (c'est du vécu !). En bon pays marxiste, il n'est pas rare de voir des bars à ambiance cubaine/latino
portant comme enseigne le nom de "El Che', avec des portraits du personnage totalitaire sur tous les murs...Pour ceux qui connaissent Bordeaux, ce bar se trouve un peu après la place de la
Victoire, la place où tous les jeunes vont faire la fête le samedi soir... Dans l'ambiance de la fête, on ne se rend plus compte que l'on est dans un lieu qui soutient un dictateur, on a le
cerveau trop enfumé, trop alcoolisé pour réfléchir. Alors on se laisse bercer par l'ambiance révolutionnaire... Et la propagande déploie tranquillement ses tentacules sournoises sans que personne
ne s'en inquiète. C'est à cela que je pense en voyant une Nathalie Cardonne les larmes aux yeux en train d'être applaudie par des gens qui vont même jusqu'à se lever. Bon petit peuple bien soumis
à la pensée unique... Bon petit peuple formaté soumis à la propagande diffusée par nos médias marxistes.
Pourtant, de temps en temps quand même, en marge de la pensée rouge dominante, on arrive à trouver des articles, des journalistes qui secouent un peu les idées reçues. Mais comme
dans toute propagande qui se respecte, personne ne parle de ces articles. Ces articles-vérité noyés au milieu de la désinformation massive. Trop rares pour que l'on se taise, j'ai choisi de
parler ici d'un de ces articles salutaires qui prennent le contre-pied de la pensée unique :
LEXPRESS.fr du 27/09/2007
Guevara , Du sang sur l'étoile,
par Axel Gyldén
Héros et guérillero: le mythe du Che perdure. Quarante ans après la mort de l'icône de la révolution cubaine, ses exactions restent un sujet tabou. L'Express a
retrouvé quelques-uns de ses anciens compagnons de route, aujourd'hui en exil. Leurs récits font froid dans le dos.
Avec sa gueule d'ange et son béret à étoile, l'Argentin Ernesto «Che» Guevara incarne à lui seul la pureté originelle de la révolution cubaine. Son effigie de héros populaire a acquis,
depuis une quarantaine d'années, l'aura d'une icône. Quelque 20 millions de personnes, à travers le monde, posséderaient un tee-shirt à l'image du «rebelle éternel», assassiné le 9 octobre 1967
dans un village de Bolivie (lire le témoignage de Felix Rodriguez). La mythologie aurait-elle faussé notre perception de la réalité? Ceux qui l'ont connu aux premières heures de sa fulgurante
carrière portent, en tout cas, un autre regard sur le «guérillero romantique». Anciens compagnons d'armes ou victimes, ils brossent le portrait d'un être froid. Brutal. Autoritaire. Et aux mains
tachées du sang de nombreux innocents.
Luciano Medina, d'abord. A 81 ans, robuste, volubile et enjoué, il reste ce guajiro (paysan) qu'il fut au
temps de la révolution quand il était le facteur personnel de Fidel Castro. Dans la sierra Maestra, en 1957 et 1958, c'est lui qui acheminait les messages du comandante en jefe à travers les
lignes ennemies aux autres comandantes: Raúl Castro, Camilo Cienfuegos ou encore Ernesto «Che» Guevara. «C'est simple, je les ai tous connus», lance l'ex-coursier, dont la voix rocailleuse
retentit dans le deux-pièces exigu de Miami (Floride) qu'il occupe depuis les années 1970. «Guevara? Il traitait mal les gens. Très mal», insiste Medina. Les deux hommes se sont fréquentés, deux
mois durant, en avril-mai 1958, dans le campement de La Otilia, près de Las Minas de Bueycito. «Un jour que je lisais Sélection du Reader's Digest, peinard dans mon hamac, le Che, furieux,
m'arrache la revue des mains et s'écrie: "Pas de journaux impérialistes ici! " Mais surtout, il tuait comme on avale un verre d'eau. Avec lui, c'était vite vu, vite réglé. Un matin, vers 9
heures, nous déboulons au Rancho Claro, une petite exploitation de café appartenant à un certain Juan Perez. Aussitôt, le Che accuse le fermier d'être un mouchard à la solde de la dictature de
Batista. En réalité, le seul tort de ce pauvre homme était de dire haut et fort qu'il n'adhérait pas à la révolution.» Une heure plus tard, le malheureux caféiculteur est passé par les armes
devant sa femme et ses trois enfants de 1, 3 et 4 ans. «Les voisins étaient traumatisés, indignés. Et nous, la troupe, nous étions écoeurés. Avec trois autres compañeros, nous avons ensuite
quitté le Che pour rejoindre un autre campement.» A l'image de Juan Perez, 15 «traîtres», «mouchards», ou supposés tels, devaient pareillement être liquidés sur ordre de Guevara, entre 1957 et
1958. Et ce n'était qu'un début.
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